Perso,je ne savais même pas que Tebboune avait un conseiller spécial chargé des droits de l’homme… Je ne l’ai appris qu’après sa mort.
Mais au juste, quelles recommandations cet homme a-t-il formulées en matière de droits humains ? Qu’a-t-il fait pour les milliers d’Algériens placés sous contrôle judiciaire, emprisonnés ou interdits de quitter le territoire en raison de leurs opinions, de leurs prises de position ou simplement parce que leurs convictions divergeaient de celles du pouvoir ?
Quel bilan laisse un conseiller aux droits de l’homme lorsqu’un si grand nombre de citoyens continuent de subir la répression ?
Comment peut-on accepter de prendre en charge un dossier aussi fondamental que celui des droits humains au sein d’un système autoritaire accusé de réprimer les journalistes, d’emprisonner les voix dissidentes, de restreindre la liberté de la presse, d’entraver l’accès à l’information et de verrouiller la vie politique, alors que la transparence des élections est régulièrement contestée ?
Et pendant que les libertés fondamentales sont au cœur des préoccupations, une nouvelle menace s’ajoute : le retour en force de la peine de mort dans l’arsenal législatif algérien. Le 1er octobre 2026, l’Assemblée populaire nationale a adopté un texte prévoyant notamment la peine capitale pour certains actes d’incendie volontaire et pour l’enlèvement d’enfants. Le texte doit encore être examiné par le Conseil de la nation. Cette évolution suscite de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, alors que l’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993.
Et ce n’est pas tout.
Selon des informations rapportées par les sources de Free For Algeria, un lieu de détention situé dans la région de tanzrouft, au Sahara, soulève de graves interrogations sur les conditions d’incarcération et le respect des droits des détenus. Ce lieu est décrit par ces sources comme un « nouveau Guantanamo au désert », où les températures estivales peuvent atteindre les 50 °C et où les visites familiales seraient impossibles.
comment justifier de telles conditions ? Quel accès les détenus ont-ils à leurs proches, à leurs avocats et aux garanties fondamentales qui doivent protéger toute personne privée de liberté ?
La détention ne doit jamais devenir une zone de non-droit. La chaleur extrême, l’isolement et l’éloignement des familles ne peuvent servir à priver des personnes de leur dignité ou de leurs droits fondamentaux.
Comment peut-on parler de protection des droits humains tout en laissant de telles questions sans réponses publiques, claires et vérifiables ?
Et ne venez surtout pas me dire : « Il faut dire du bien de nos morts. »
Car pour les victimes de la répression, ces hommes ne sont pas simplement des noms qui disparaissent avec la mort. Les décisions prises sous leur responsabilité, leur silence ou leur éventuelle complicité ont des conséquences bien réelles sur des milliers de vies.
Des familles sont brisées. Des carrières sont détruites. Des citoyens sont emprisonnés, d’autres contraints à l’exil. Des journalistes sont réduits au silence, des voix dissidentes sont étouffées et des Algériens perdent jusqu’à la possibilité d’exercer pleinement leur citoyenneté.
Certains ont perdu leur liberté. D’autres ont perdu leurs moyens de subsistance, leur pays ou l’espoir de pouvoir un jour y vivre dignement.
Peut-on demander aux victimes de se taire au nom du respect des morts, alors qu’elles continuent de vivre avec les conséquences de leurs actes ?
Le respect dû aux morts ne doit jamais devenir un moyen de faire taire les vivants. La mémoire ne saurait effacer les responsabilités, pas plus que la mort ne peut dispenser quiconque de rendre des comptes.
Alors, à quoi servait ce conseiller spécial chargé des droits de l’homme ? Quelles injustices a-t-il dénoncées ? Quels prisonniers a-t-il défendus ? Quelles libertés a-t-il réussi à préserver ?
Les Algériens ont le droit de connaître les réponses.
Les droits de l’homme ne sont ni un titre honorifique, ni un poste dans un organigramme, ni un argument de communication politique. Ils constituent une obligation envers chaque citoyen.
Pour les victimes de la répression, la question n’est pas de savoir s’il faut parler des morts en bien ou en mal. Elle est de savoir qui répondra des libertés confisquées, des injustices subies et des vies brisées.
Un peuple privé de ses droits ne peut pas être condamné au silence éternel.
FREE FOR ALGERIA — Liberté, dignité et justice pour tous les Algériens.
akli.S
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