Affaire Hafsa Mahyou : des accusations de complot avec les Émirats arabes unis !!!
Affaire Hafsa Mahyou : des accusations de complot avec les Émirats arabes unis et la détention provisoire relancent le débat sur les dérives de la justice en AlgérieL’influenceuse Hafsa Mahyou a été placée en détention provisoire dans le cadre d’une enquête menée par les services compétents. Des informations font également état du retrait de son passeport et d’une interdiction de quitter le territoire dans l’attente de la suite de la procédure.
Selon les sources de Free Algeria, l’affaire aurait pris une dimension beaucoup plus grave : Hafsa Mahyou ferait face à des accusations liées à un complot avec les Émirats arabes unis, après avoir invité en Algérie un influenceur palestinien. Toujours selon nos sources, cet influenceur posséderait également la nationalité israélienne, un élément qui aurait considérablement accru la sensibilité du dossier auprès des autorités algériennes.
Mais cette affaire ne commencerait pas aujourd’hui.
Selon les sources de Free Algeria, Hafsa Mahyou serait dans le viseur des autorités algériennes depuis plus d’un an. Le gouvernement d’Abdelmadjid Tebboune aurait déjà envisagé son emprisonnement après la publication, sur son compte Instagram, d’une vidéo dans laquelle elle récitait un poème mettant en valeur les Émirats arabes unis.
Cette publication aurait particulièrement déplu dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre Alger et Abou Dhabi. Une simple vidéo publiée sur Instagram aurait ainsi contribué, selon nos sources, à placer l’influenceuse sous l’attention des autorités bien avant l’affaire actuelle.
Cette chronologie pose une question importante : Hafsa Mahyou est-elle aujourd’hui poursuivie uniquement pour les faits qui lui sont actuellement reprochés, ou son dossier s’inscrit-il dans une accumulation de tensions avec le pouvoir en raison de ses publications précédentes ?
La question mérite d’autant plus d’être posée que, depuis 2019, l’Algérie connaît une multiplication des procédures visant des journalistes, militants, opposants, internautes et créateurs de contenu pour leurs déclarations ou leurs activités sur les réseaux sociaux.
Le problème n’est pas l’existence de la justice. Aucun influenceur n’est au-dessus de la loi. Mais une justice moderne doit être capable de distinguer une opinion, une publication, une maladresse ou une provocation d’un véritable acte criminel.
Dans le cas présent, une autre interrogation devient essentielle : Hafsa Mahyou savait-elle que l’influenceur qu’elle invitait possédait également, selon nos sources, la nationalité israélienne ?
L’intention change tout.
Inviter sciemment une personne dans le cadre d’une activité susceptible de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État et inviter un influenceur sans connaître l’ensemble de sa situation ou des nationalités qu’il possède constituent deux réalités radicalement différentes.
C’est précisément le rôle d’une justice indépendante d’établir cette différence.
Et pourtant, une nouvelle fois, la réponse immédiate est la détention provisoire.
Lorsque le passeport d’une personne est déjà retiré, qu’elle est interdite de sortie du territoire et qu’un contrôle judiciaire peut garantir sa présence devant les enquêteurs et les magistrats, pourquoi privilégier la prison avant même le jugement ?
Depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune au pouvoir, cette question revient régulièrement. La promesse d’une « Algérie nouvelle » devait notamment accompagner une modernisation des institutions et une consolidation de l’État de droit. Pourtant, les controverses concernant la liberté d’expression, les poursuites liées aux publications numériques et le recours à la détention provisoire continuent d’alimenter une critique profonde du fonctionnement de la justice.
Le cas Hafsa Mahyou devient ainsi symbolique d’un problème beaucoup plus large :
Dans quelle Algérie voulons-nous vivre ?
Une Algérie où un poème publié sur Instagram, une vidéo, une opinion ou une relation avec une personnalité étrangère peuvent progressivement devenir des éléments d’un dossier sécuritaire ?
Ou une Algérie où les faits sont examinés avec proportionnalité, où les intentions et les responsabilités sont établies, où la défense peut exercer librement son rôle et où la prison avant jugement demeure réellement exceptionnelle ?
Si Hafsa Mahyou a commis une infraction, elle doit répondre de ses actes devant une justice indépendante. Mais si certaines de ses publications précédentes, notamment son poème favorable aux Émirats arabes unis, ont contribué à la placer dans le viseur des autorités, cette dimension mérite également d’être examinée.
Depuis 2019, l’Algérie ne peut pas prétendre construire un nouvel État tout en laissant s’installer chez les citoyens l’idée qu’une publication Facebook, une vidéo Instagram, un poème ou une opinion peuvent conduire leur auteur derrière les barreaux.
Une justice forte ne se mesure pas au nombre de personnes qu’elle emprisonne.
Elle se mesure à son indépendance, à son impartialité et à sa capacité à protéger simultanément la sécurité de l’État et les libertés fondamentales de ses citoyens.


