Depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune au pouvoir, une réalité brutale s’impose : en Algérie, penser, écrire, enquêter ou simplement s’exprimer peut conduire à la prison. Journalistes, écrivains, blogueurs, universitaires — tous sont désormais exposés à une répression qui ne dit plus son nom.
Les cas se multiplient et dessinent une tendance inquiétante : celle d’un pouvoir qui criminalise la parole.
Tahar Ouhachi : un universitaire emprisonné pour ses opinions
Dernier exemple en date, Tahar Ouhachi, maître de conférences en histoire à l’Université de Blida. Arrêté à son domicile, il a été placé en détention provisoire à la prison d’El Affroun.
Les accusations ? « Apologie du terrorisme » et « atteinte à l’intérêt national » pour des publications sur les réseaux sociaux.
Encore une fois, ce ne sont pas des actes violents qui sont jugés, mais des mots.
Boualem Sansal : un écrivain visé pour ses prises de position
Le cas de Boualem Sansal illustre lui aussi cette dérive. Écrivain reconnu, il s’est retrouvé dans le viseur des autorités pour ses prises de position et ses opinions critiques.
Dans l’Algérie de Tebboune, même la littérature et la pensée deviennent des terrains sensibles. Écrire librement, exprimer une analyse ou une critique peut suffire à attirer l’attention du pouvoir.
Christophe Gleizes : enquêter devient un risque
Le journaliste Christophe Gleizes, quant à lui, se retrouve inquiété pour avoir simplement exercé son métier. Enquêter, documenter, informer — des actes fondamentaux dans toute société démocratique — deviennent, dans ce contexte, des activités à risque.
Le message est clair : même le travail journalistique peut être criminalisé.
Une stratégie : faire peur pour faire taire
Avec Omar Ferhat, Abdelali Mezghich, Abdelhak Bouchrit et bien d’autres, une logique apparaît.
Sous Tebboune, la justice est de plus en plus utilisée comme un outil de dissuasion. Les chefs d’accusation — « fausses informations », « atteinte à l’unité nationale », « apologie du terrorisme » — sont devenus des instruments pour faire taire les voix critiques.
👉 Un post peut envoyer en prison
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Universités, presse, réseaux : tout est sous surveillance
L’arrestation de Tahar Ouhachi marque un cap : même les universitaires ne sont plus épargnés. Penser, analyser, enseigner deviennent des actes à risque.
La presse indépendante est affaiblie, les journalistes poursuivis, les blogueurs arrêtés. Les réseaux sociaux, autrefois espaces de liberté, sont désormais surveillés et encadrés.
Dans l’Algérie de Tebboune, la parole libre devient suspecte.
L’illusion de l’“Algérie nouvelle”
Le pouvoir parle d’« Algérie nouvelle ». Mais pour de nombreux observateurs, la réalité est toute autre.
Sous Tebboune, ce n’est pas une ouverture démocratique qui se dessine, mais une reconfiguration du contrôle politique. La répression est plus juridique, plus ciblée, mais tout aussi réelle.
La loi devient un outil.
La justice devient un levier.
La peur devient un message.
Une société qui résiste
Malgré tout, des voix continuent de s’élever. Avocats, journalistes, militants, citoyens refusent de céder au silence.
L’affaire Tahar Ouhachi, comme celles de Boualem Sansal ou de Christophe Gleizes, ne sont pas des cas isolés. Elles sont les signes d’un système qui cherche à contrôler la parole.
Une question qui dérange
Aujourd’hui, une question s’impose :
peut-on encore penser, écrire et informer librement en Algérie sous Tebboune ?
Pour beaucoup, la réponse est déjà une évidence.
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